Isabelle Vitalis est installée dans le Sud-est de la France où elle a lancé Mes Cosmétiques Français avec l’ambition de mettre en avant les productions françaises d’artisans et les petites structures. Elle nous dit pourquoi elle s’apprête à rejoindre les FFI et combien ce réseau l’aide à développer sa jeune entreprise. Interview.

« Je n’envisageais pas de monter une boite ! »

– Les Forces Françaises de l’Industrie : Isabelle, quel est votre parcours ? 

– Isabelle Vitalis : « Je suis âgée de 43 ans, mariée et maman de deux enfants. Parisienne de naissance et de cœur, je vis aujourd’hui pour mon plus grand bonheur dans le Var avec ma famille. J’ai un background plutôt classique et ai décroché un DESS en Télécommunications et Nouveaux Médias à Dauphine. Je voulais faire de la prod télé mais nous étions à cette époque au tout début d’Internet. J’ai eu l’opportunité, totalement par hasard, d’intégrer un cabinet de conseil, 4ICom où j’étais chargée de faire des études sur les télécoms. Je surveillais principalement la zone Asie-Pacifique et toutes les nouveautés qui arrivaient du Japon, de Corée et de Singapour. Puis, j’ai rejoint un cabinet de conseil plus structuré, comme Senior Consultant chez Solucom (devenu Wavestone). J’y ai fait mes armes dans le conseil.  J’ai accompagné de grands projets de transformation digitale. J’ai intégré ensuite Solocal Group où je suis restée sept ans. Là, j’ai pris les rênes du e-commerce. J’ai toujours baigné dans des grands groupes avec des moyens, dans lesquels tout était organisé et structuré. C’est pourquoi, à 30 ans, je n’envisageais pas d’être cheffe d’entreprise ! Je ne savais pas ce que c’était que de monter une boite, et je n’avais pas la notion de ventes, car j’avais principalement évolué dans des fonctions supports.

Je suis retournée me former à HEC. J’ai pris confiance en moi.

FFI : quel a été le déclic donc pour lancer Mes Cosmétiques Français ? 

– IV :  J’ai toujours eu la peur de la page vide et besoin d’avoir des projets personnels. En prenant mon poste chez Solocal, j’ai tout construit. J’ai professionnalisé le site internet, recruté mon équipe. C’est là que j’ai découvert que je m’éclatais sur des sujets commerciaux. Je n’avais jamais vu auparavant de clients ! 

J’ai alors repris le chemin des études, et je suis entrée à HEC par la « petite porte ». J’étais super heureuse, sans doute, s’agissait-il d’une petite « fierté à la con ». J’ai eu la chance de rencontrer des profs brillants et passionnants. Ils n’enseignaient pas, il nous racontaient des histoires ! De nombreux cours étaient basés sur l’entrepreneuriat auquel je n’avais jamais pensé. Autour de moi, les personnes qui suivaient ces cours avaient les mêmes envies de reconversion, et souhaitaient redonner du sens à leur vie professionnelle, faire quelque chose qui était davantage en accord avec eux même. J’ai pris confiance en moi et c’est alors que je me suis dit qu’il fallait que je quitte mon écosystème parisien pour trouver un nouveau souffle.  Partons ! On avait acheté une maison dans le Var où nous passions toutes les vacances scolaires. Nous nous sommes installés dans un premier temps à Aix en Provence où mon mari avait trouvé une mobilité. 

Une mission et une ambition.

FFI : Comment avez-vous monté votre structure ? 

IV : J’avais en tête un projet autour des cosmétiques naturels et bio. J’avais remarqué que de nombreuses petites structures existaient en France sans pouvoir communiquer, et pouvaient avoir des difficultés pour vendre leurs produits ou tout simplement s’organiser. J’ai réfléchi à une proposition de valeur. Le marché du bio explosait déjà. Nous sommes en 2018. En 2019, je lâche mon job pour monter mon entreprise Mes Cosmétiques Français.  

Ma mission ? Donner de la visibilité à des marques qui sont plutôt de jeunes marques, artisanales, certifiées bio, qui fabriquent en France et qui ne savent pas bien marketer ni commercialiser leurs produits.

De l’autre côté, pour le consommateur, c’est lui permettre d’accéder plus facilement à des produits locaux, éco-responsables et sans ingrédients controversés sur une seule et même plateforme web.

Plébisciter l’usage d’un savon à froid plutôt qu’un gel douche industriel sulfaté, donner des astuces pour réduire le nombre de produits dans notre salle de bain ou encore trouver des produits aux signatures sensorielles et olfactives uniques sont nos engagements chez Mes Cosmétiques Français !

Mon ambition ? Je souhaite qu’un jour nous puissions ouvrir un réseau de boutiques physiques dédié à cette cosmétique bio française engagée au même titre que les marques de luxe ont Sephora ou Nocibé ou que les géants industriels de l’hygiène préemptent les rayons des supermarchés !

Car au-delà du sujet du bio et de la qualité des produits pour notre santé, il y a bien un sujet sur notre empreinte environnementale que MCF souhaite prendre en main pour favoriser une consommation juste et responsable : on met le prix pour un produit de qualité, qui ne sort pas de grandes lignes de production industrielle, et qui durera plus longtemps ce qui nous évitera ainsi de sur-consommer.

Nous avons déjà référencé 80 acteurs du marché

Réunir dans des coffrets une offre inédite 100% bio et 100% française.

FFI : Mes Cosmétiques Français représentent une équipe de combien de personnes à ce jour ? 

– IV : Côté fournisseurs, Mes Cosmétiques Français a référencé 80 artisans, TPE et PME qui travaillent pour certaines en circuits courts, au sein de nos territoires. Tous les produits que nous sélectionnons sont respectueux du corps et de l’environnement. Il n’y pas d’éléments perturbateurs endocriniens. Et ils sont tous biodégradables.

Côté équipe, nous sommes trois, dont deux alternants. Une troisième personne arrive avec un profil « commercial » pour proposer nos coffrets « découverte » régionaux aux collectivités, aux entreprises et à leurs CSE, ainsi qu’une offre de corners de produits locaux sur étagère auprès de grands concepts stores emblématiques comme Le Printemps et les Galeries Lafayette.

– FFI : Quelle est l’actualité de « MCF » ?

– IV : Nous venons juste d’ouvrir une boutique locale à Vidauban, « petite bourgade » du Var de 15 000 habitants. Ceci pour faire connaître notre sélection dans le département qui est assez touristique et accueille de nombreux étrangers l’été. Aussi, je procède à une deuxième levée de fonds dont l’objectif va être de refondre le site Internet et de donner un coup d’accélérateur sur la communication. Et pourquoi pas une nouvelle boutique à Aix en Provence !

« Un réseau professionnel est fondamental »

– FFI : Pourquoi avoir rejoint notre club ?

– IV :  Pour la valorisation du Made in France, il ne faut pas aller chercher plus loin !  

D’abord, pour l’emploi, tout simplement et avant tout. Pour moi, l’emploi en France est la priorité « number one ». Je serais trop fière de participer à créer de l’emploi en France.

Ensuite parce qu’on a vu également avec la crise du Covid, qu’il est capital de produire chez nous, pour garder un certain niveau d’autonomie.

Et enfin, profiter du réseau qui est fondamental.

– FFI : Comment les as-tu rencontrés

– IV :  J’ai échangé au départ avec Laurent Moisson via Linkedin qui m’a mis en relation avec Raynaut Escorbiac, un entrepreneur très dynamique qui est basé à Aix- en-Provence. On a tout de suite bien accroché.  Je débutais, j’avais besoin d’écoute, de ficelles. Mais ce qui me manquait, c’était le réseau. Et aujourd’hui, on ne peut rien faire sans !  Je me dis d’ailleurs que j’aurais gagné du temps dans le démarrage de l’entreprise et de son développement si j’avais davantage « réseauté ».

– FFI : Les FFI incarnent donc ce précieux réseau ?  

– VI : Oui, nous avons les mêmes valeurs. Je ne pourrais pas rejoindre un autre réseau qui prône d’autres valeurs que celles qui sont les miennes et sur lesquelles je suis déjà engagée. C’est hyper important. J’ai 43 ans et je me considère encore comme une gamine dans le business. Je suis toujours en apprentissage ! J’aime discuter avec d’autres entrepreneurs qui ont déjà de l’expérience. J’attends des astuces, des clés, ne plus être seule.

– FFI : Penses-tu avoir une implication dans le Sud au sein des FFI ? 

– IV : M’impliquer dans le Var ? Pourquoi pas. Il y a plein de choses à faire. Je n’ai pas encore assisté à une réunion à Paris. 

Les cosmétiques français sont au top !

– FFI : les Cosmétiques Français sont-ils au top ?

– IV : On peut toujours mieux faire ! Mais, c’est un secteur au top, oui ! Je regarde ce qui se fait à l’étranger aussi. Je trouve qu’aux Etats-Unis, les cosmétiques sont un secteur qui a été beaucoup trop accaparé par les stars du showbiz.. Pour ma part, je suis bien trop attachée aux actifs végétaux et aux valeurs qu’ils véhiculent.

Les FFI : Quelles sont vos trois marques cosmétiques françaises coups de cœur ? 

– IV : J’ai une marque fétiche que j’adore Autour du Bain qui fabrique des produits avec des lignes sensorielles et olfactives dingues. Je vous recommande d’ailleurs la Chantilly de Karité au Monoï… Pour des produits plus experts, j’aime beaucoup Le Rouge Français, qui a été créé par Elodie et son mari. Ils travaillent sur un rouge à lèvres à base de pigments végétaux, 100% naturel. En plus d’être rechargeable, l’écrin est magnifique. C’est une prouesse ! La dernière marque coup de cœur, c’est Miyé qui traite les déséquilibres hormonaux féminins et propose toute une gamme de produits et compléments alimentaires pour soigner la sécheresse intime, les ballonnements et inconforts liés aux règles, les bouffées de chaleur de la ménopause ou encore l’acné hormonale. C’est assez inédit.

Sa « déviation » en vidéo

Isabelle Vitalis raconte aussi son beau parcours inspirant dans cette vidéo réalisée par Les Déviations, partenaire avec les FFI de l’opération « Vous voulez changer le monde ? Faites le avec votre entreprise !  » qui a officiellement été lancée par Laurent Moisson en tout début de semaine.  


Le site : https://mescosmetiquesfrancais.fr

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