Que les amateurs de cigarettes qui font rigoler passent leur chemin. Car on va parler textile et circuit court dans les lignes qui suivent.


Karim BEHLOULI, directeur général de la coopérative Natupfibres, vient d’annoncer que sa filiale, La French Filature, se lançait dans le tissage du chanvre.

Il y a des lieux dont le nom et l’histoire sont liés aux plantes. C’est le cas de Saint-Martin-du-Tilleul, dans le Département de l’Eure. Elle a déjà accueilli la première filature de lin au mouillé en France. Qui sera donc aussi la première à travailler le chanvre.

La filière chanvre normande n’en est qu’à ses débuts, comme nous l’apprend un article du Havre Paris Normandie. Mais tout indique qu’elle a un bel avenir. Un avenir qu’on lui espère aussi prospère que celui qu’a rencontré le lin.

C’est en tout cas le pari de Karim BEHLOULI. Cet ingénieur de formation a confié au journal normand qu’il observait un intérêt croissant pour cette fibre.

« Le chanvre a un capital sympathie qu’on ne s’explique pas (…). Il est une vraie opportunité pour accroître la production de fibre en Europe. »

À l’écouter, on comprend pourquoi. Le chanvre est :

– « 0 Phyto ». C’est-à-dire qu’on peut le cultiver partout sans risquer de polluer les ressources en eau. Et comme il est « un désherbant naturel », l’absence d’utilisation de produits chimiques ne nuit pas à sa productivité.

– Ses racines profondes lui permettent des récoltes plus régulières que le lin sans faire appel à l’arrosage.

– D’un point de vue économique, c’est l’assurance de garantir un volume de travail plus constant aux employés de l’entreprise, jusqu’ici trop dépendants de la qualité des récoltes de lin.

Mais jusqu’ici, certains problèmes techniques empêchaient agriculteurs et industriels de tirer le meilleur parti du chanvre :

– Aucune machine n’était vraiment adaptée à la spécificité de sa récolte. Sa taille, deux fois plus haute que pour le lin interdisait l’usage du matériel qui servait à la récolte du lin. Un travail de R&D, financé en partie par la Région Normandie, a permis de régler ce problème.

– Un autre gros travail a également dû être fait pour sélectionner les espèces les plus adaptées au textile. Car le chanvre offre une grande variété de graines et toutes ne sont pas optimales pour cet usage.

La filière ambitionne de séduire de nouvelles marques et de nouveaux clients dans les prochaines années. Elle espère voir ses premiers produits apparaître dans les vitrines pour la collection printemps/été 2025.

Mais elle a d’autres projets en tête. Outre le textile qu’elle décarbonne, elle compte multiplier les applications industrielles du chanvre. Toutes ses parties n’étant pas encore exploitées. Certaines peuvent en effet être utilisées pour le paillage, la litière, le béton et l’huile alimentaire.

Le potentiel économique du chanvre a donc tout pour se révéler dans les prochaines années.

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