Chers résistants, chères résistantes, chers soutiens,
Nous vous devons quelques excuses : ces temps-ci, le rythme de nos newsletters s’est sensiblement accru.
Et, contrairement à ce qu’on aurait pu penser, ce n’est pas l’actualité politique du moment qui justifie un tel harcèlement textuel. Certes, il y aurait eu de quoi, tant nos élus se sont reconvertis en matraqueurs fiscaux.
Ce n’est pas non plus le scandale persistant des percées à répétition de Shein qui nous a fait prendre la plume aujourd’hui. La marque chinoise s’engouffre en rigolant dans toutes les failles de sécurité de notre grotesque système de défense. Un système qu’on a voulu tellement éthique qu’il a ruiné la performance de nos entreprises, et tellement participatif qu’il en est devenu kafkaïen.
Non, si nous prenons autant la parole en ce moment, c’est pour parler de nous, Forces Françaises de l’Industrie, et uniquement de nous. En nous faisant au passage plein de compliments qu’on aurait aimé recevoir d’autres, mais qui ne venaient pas. Bienveillance bien ordonnée commence par soi-même.
Trêve de fanfaronnades inutiles, ce que nous avons à vous annoncer en ce moment est important : nous sommes entrés dans une phase d’accélération fulgurante de notre mouvement. Ces temps-ci, chaque semaine, de nouveaux entrepreneurs, professionnels de l’animation de club, nous contactent pour ouvrir des franchises FFI dans leurs régions.
Nous vous avons déjà parlé, lors de nos deux dernières newsletters, de Raphael Eulry et d’Erick Roux de Bezieux , à Lyon. Ainsi que d’ Emilie Le Douaron, à Grenoble. Voici venu le tour de Gilles LAKOMSKI, qui a ouvert consécutivement 4 clubs des Forces Françaises de l’Industrie dans la Région Grand Est.
Vous trouverez le programme des réjouissances qu’il nous a concoctées sous l’article que nous lui avons dédié. Ses événements ont pour but :
- D’encourager les membres de nos clubs FFI à se serrer les coudes.
- De nous faire remonter leurs avis sur les réformes à mener dans notre pays, afin qu’on les relais via nos médias et discussions d’influence avec nos élus.
Mais sans plus attendre, voici donc l’histoire… que dis-je, l’épopée de celui qui est devenu notre nouvel ambassadeur : Gilles LAKOMSKI.
Attention, mesdames et messieurs : les portraits d’autres ambassadeurs FFI suivront dans les prochaines semaines. Fallait pas vous abonner…
Gilles Lakomski le Lorrain qui a répondu aux voix de la réindustrialisation française et des FFI
Gérant de la société Authentique Broderie, implantée en Moselle, Gilles Lakomski vient d’ouvrir 4 franchises des Forces Françaises de l’Industrie dans le Grand Est.
Un parcours industriel au service de la broderie et de l’équipement
Quand il était jeune, Gilles Lakomski voulait être ingénieur du son. Il s’y est préparé et s’est lancé dans une carrière de freelance dans l’audiovisuel à Paris. Mais, par les hasards de la vie, et peut-être aussi parce qu’il aime se perdre dans les méandres aventureux de l’existence, il a découvert le textile, l’outillage et la broderie, et est revenu à Metz.
Il décroche alors un emploi dans une entreprise de textile, R.B. CREATIONS. Après un an et demi en tant qu’employé, il en prend la tête. Pendant quinze ans.
L’entreprise faisait fabriquer des uniformes, des costumes professionnels dont beaucoup vont habiller les agents du service public (conducteurs de bus, personnels de préfecture, musiciens d’harmonie…). Mais voilà, face à la pression constante qu’elle subissait sur les prix, et devant la fermeture progressive des ateliers régionaux et nationaux, R.B. CREATIONS avait entrepris la délocalisation de ses approvisionnements.
Gilles a donc vu de ses propres yeux finir de s’opérer la disparition de tout un secteur industriel dans lequel la France avait si longtemps rayonné. Car, chers amis, il y a quelques décennies, nous produisions près de 8 % du textile mondial. Aujourd’hui, au moment où la marque chinoise Shein s’installe dans nos grands magasins, nous n’arrivons plus à fabriquer que 3 % des vêtements que nous portons.
« Mon entreprise avait délocalisé beaucoup d’étapes de production, se remémore Gilles. Cela me posait problème éthiquement, mais également d’un point de vue de l’efficacité. Nous étions devenus trop lents à fabriquer. Alors, pour retrouver de la réactivité, je me suis dit qu’on pouvait refaire certaines choses dans nos territoires. »
En 2007, il décide donc de vendre R.B. CREATIONS à un concurrent et de se concentrer sur Authentique Broderie, complètement made in France, qu’il a créée en 2001.
Ses clients sont des revendeurs de vêtements de sport, de travail et des publicitaires. Quatre ans après le début de cette aventure, Gilles et son équipe élargissent leur clientèle pour travailler avec des clubs et des particuliers.
Basé à Peltre, en Moselle (Grand Est), Gilles privilégie une logique d’ancrage local dans un secteur industriel de niche : « Aujourd’hui, le marché s’est développé, mais à l’origine, seuls deux ou trois artisans étaient spécialisés dans ce domaine en Lorraine, rappelle-t-il. J’ai voulu industrialiser cette production. »
Dans une conjoncture économique où les chaînes d’approvisionnement mondiales sont fragilisées, Gilles Lakomski mise sur le “Made in France” et la proximité. Il met en avant la qualité artisanale ou semi-industrielle, l’agilité et la relation client directe, des valeurs qui résonnent avec celles que nous défendons aux Forces Françaises de l’Industrie. « Nous avons perdu nos filières de production dans le textile, se désole Gilles. Heureusement, certaines belles entreprises, telles que 1083 ou Dao Jeans, prouvent qu’il est possible de réussir dans ce secteur en France. »
« Ce que je voulais faire avec Authentique Broderie, c’est démontrer que, même avec une petite équipe, même dans des PME ou TPE, on pouvait outiller les savoir-faire afin de les rendre plus compétitifs et de les garder chez nous. »
Utiliser des clubs d’affaires pour créer de l’entraide
Dans ses activités entrepreneuriales, Gilles a vécu cette solitude qui touche les dirigeants quand ils se trouvent face à des décisions difficiles. Il s’est donc intéressé aux clubs d’affaires. Il en fait progressivement une partie importante de son activité professionnelle, en en ouvrant plusieurs et en les animant.
« On aide les dirigeants, les décideurs, on les fait se rencontrer, on crée de l’entraide, de la réflexion et surtout de l’action. »
Il nous a récemment fait savoir qu’il était volontaire, avec son équipe, pour rejoindre les FFI. Il a donc fait passer ses 4 clubs, qu’il opérait sous la marque Les Ateliers Souverains, sous notre bannière FFI, et a commencé à mailler la région Grand Est (Sud Lorraine, Lorraine Nord, Haut-Rhin, Bas-Rhin). Patron dans l’âme, il les opère en tant que franchisé. « Discuter avec Laurent Moisson, cofondateur des FFI, a renforcé une conviction que je pensais être l’un des derniers à partager : l’industrie est probablement le meilleur ascenseur social pour les territoires. »
Le retour d’une France industrielle
Lorrain jusqu’au bout des ongles, si l’on en croit ses nombreux amis alsaciens (souvent un peu taquins), il a été marqué par la disparition de la moitié des emplois industriels français ces quarante dernières années. « La Lorraine n’est pas un territoire comme les autres. Elle a donné son acier à la France. Elle a donné ses bras, ses vies, son cœur. Et vint la nuit industrielle. Les fermetures, le silence des ateliers, le vide qu’on laisse quand on éteint une forge. Beaucoup y ont vu une fin. Pas moi. »
Oui, il est assez lyrique, Gilles, quand il s’y met.
En mettant en lumière, via ses clubs, ceux qui se battent encore pour produire en France, leurs parcours personnels et professionnels, Gilles LAKOMSKI démontre qu’il est possible de produire et de réussir en France.
« Il faut créer des ponts là où on a dressé des murs », dit-il, en encourageant l’entraide entre acteurs industriels français, mais aussi plus largement entre entrepreneurs, investisseurs, collectivités locales et acteurs de la société civile.
Il y a 800 ans, une jeune Lorraine a entendu une voix lui disant qu’elle devait libérer la France. Il est clair que Gilles ne ressemble pas exactement à Jeanne d’Arc. En plus, il n’a même pas de cheval. Malgré cela, nous sommes ravis de l’accueillir aux FFI. Car on a toujours besoin de Lorrains quand on part en reconquête.
Bienvenue aux FFI, Gilles !