La startup nation s’en va en guerre, en oubliant ses munitions ?

Il y a quelques jours, Emmanuel Macron appelait nos industriels de défense à produire plus et plus vite. Il les grondait un peu, même.

Dans son discours d’Istres, le chef de l’État estimait avoir fait sa part en ayant fait voter, ces dernières années, des budgets de la hashtag#défense en hausse. Et c’est bien.

Bien, mais pas suffisant, et trop tard, estimait récemment le général Pierre de Villiers. Un général qui n’avait pas hésité à quitter son poste de chef d’état-major pour marquer son désaccord avec le chef de l’État. Il le trouvait trop peu conscient des dangers qui commençaient alors à poindre et qui se sont matérialisés depuis.

Mais à l’époque, on parlait protection de la biodiversité, limitation de la vitesse à 80 km/h, financement de start-up for good… On a fait des lois pour ne plus artificialiser les sols, rendu les constructions d’usines plus coûteuses, plus compliquées, plus lentes. La guerre était loin.

Depuis :

– Les normes, les règlements, les précautions se sont envolés. Ils font de la France l’un des pays où il est le plus long de construire une usine. Et donc d’augmenter la production d’un industriel. N’importe qui peut arrêter ou retarder un projet industriel parce qu’il pense que les études faune-flore ont été mal faites ou que le permis de construire n’est pas comme il faut.

– Les nouveaux droits sociaux non financés, mais tout de même votés par l’Assemblée nationale vont à l’encontre d’une économie de guerre. Notamment le report de la réforme des retraites voulue par le chef de l’État, nous dit le général de Villiers. Il estime que les dépenses sociales vont recommencer à ronger les budgets du régalien.

« La Startup Nation s’en va en guerre en oubliant ses munitions » est le titre de mon prochain livre. Il est le premier tome, un peu moqueur, de la série d’ouvrages « Contes et légendes de la résindustrialisation ». Il est en prévente sur le site des Forces Françaises de l’Industrie. Il paraîtra fin mars.

On y découvre que l’armée et nos industriels de défense qui, par tradition, ne se prononcent jamais publiquement sur les injonctions contradictoires de notre République, n’ont pas démérité.

Grâce à eux, nous sommes toujours les deuxièmes exportateurs d’armes au monde.

Mais, comme pour la filière nucléaire, ils ont dû tenir bon des décennies. Face à des arbitrages budgétaires électoralistes et à l’avalanche des normes en tous genres.

Depuis six ans que j’écris sur ce sujet, j’ai vu tous les partis dire qu’ils souhaitaient la hashtag#réindustrialisation, tout en votant des lois qui sapent la compétitivité de nos usines.

Les industriels de la défense, tout comme nos militaires, font ce qu’ils peuvent.

C’est déjà un miracle qu’ils fassent autant dans un pays où la politique ressemble de plus en plus à une histoire de Shadoks.

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