Le laboratoire BENTA Lyon, sauvé de la fermeture en 2020, poursuit ses efforts de relocalisation de la production de médicaments.
C’est ce que nous apprend l’excellent article du Le Journal des Entreprises Auvergne Rhône-Alpes rédigé par Gilles Cayuela.
On y lit que BENTA Lyon, dirigé par Damien Parisien (photo), s’apprête à produire en Région Auvergne-Rhône-Alpes le Locatim. Ce médicament vétérinaire est essentiel pour réduire la mortalité des veaux nouveau-nés. Il est aujourd’hui en rupture de stock.
Anciennement produit en Suisse, le Locatim risquait de disparaître. Il a été racheté par le laboratoire lyonnais Melchior Santé Animale, fondé par Franck DAIRIN.
Ce dernier a décidé de s’appuyer sur BENTA Lyon pour en assurer la production sur le site de Saint-Genis-Laval, ex-usine hashtag#Famar reprise en 2020 en pleine crise du Covid.
Benta Lyon s’était déjà lancé dans la production de paracétamol en 2024, puis d’amoxicilline en 2025.
Derrière cette bonne nouvelle se cache une belle histoire de retournement d’entreprise.
Car, en 2019, le fonds américain KKR avait placé l’entité en redressement judiciaire. Propriétaire du groupe Famar, procédait à sa vente à la découpe. Ne parvenant pas à trouver preneur pour l’entité qui deviendra Benta Lyon, il l’avait placée en redressement judiciaire.
Ce sont les polémiques de l’époque du Covid qui ont relancé, début 2020, l’intérêt pour la chloroquine et l’azithromycine. Deux médicaments produits par Famar Lyon. Le groupe libanais Benta Pharma Industries- BPI et son dirigeant Bernard Tannoury ont alors repris l’entreprise.
Grâce à un investissement de 42 millions d’euros, il a alors pu sauver 115 emplois. Depuis, l’entreprise est montée en puissance.
Le récent investissement de 5 millions d’euros, salué par le Journal des Entreprises, débouchera sur un démarrage industriel à l’été 2026. Une fois les phases de qualification réglementaire franchies.
Au-delà de la fabrication, le projet initié par Melchior Santé Animale vise à relocaliser toute la chaîne de valeur du Locatim. Y compris l’approvisionnement en colostrum bovin. (Je sais, vous ne savez pas ce que c’est, mais j’avais envie d’écrire colostrum aujourd’hui).
Melchior Santé Animale ambitionne de structurer une filière régionale en lien direct avec les élevages d’Auvergne-Rhône-Alpes. Ceci en s’appuyant sur des outils numériques de suivi sanitaire et une collecte encadrée dès la naissance des veaux.
Pour Benta Lyon, ce projet marque deux étapes stratégiques majeures :
– L’entrée sur le marché vétérinaire
– Le développement de compétences dans les médicaments stériles.
Ceci lui ouvre de nouvelles perspectives de sous-traitance. La hashtag#PME n’utilise en effet qu’une fraction de ses capacités de production.
Elle prévoit de doubler son chiffre d’affaires à 26 millions d’euros en 2026 et d’élargir son portefeuille à 60 médicaments génériques d’ici 2028.
Photo : Wikipédia