La France ouvre des data centers mais ferme des usines. Et c’est logique.

Cette semaine, Guillaume Guichard a signé un article intéressant dans Les Échos.

On y lit qu’en 2025 la France a enregistré un niveau d’investissements record. S’appuyant sur le travail de Trendeo (David Cousquer), il écrit que 125 milliards d’euros d’investissements ont été annoncés. Le double de 2024.

Mais voilà, derrière ce chiffre spectaculaire se cache une réalité moins reluisante : ces investissements créent peu d’usines et peu d’emplois.

Déjà parce que la moitié (67 milliards) de ces montants provient d’un seul secteur : les data centers.

Hors centres de données, l’investissement se situe autour de 60 milliards d’euros, un niveau stable par rapport aux années précédentes.

Alors, est-ce une mauvaise nouvelle ?

Non. Il est très bien que des centres de données viennent s’implanter chez nous. Nous, Français, ne sommes pas à un paradoxe près. Mais il serait absurde de prétendre reprendre en main notre souveraineté numérique tout en s’opposant à l’implantation de ces infrastructures.

D’autant que nous avons de l’électricité à revendre ! En matière d’énergie décarbonée, vu que l’électrification des usages tarde (voiture électrique…), c’est plus la surproduction qui menace que la pénurie.

Bref, data centers welcome ! Comme on dit à hashtag#ChooseFrance.

Le problème n’est donc pas que la France attire des data centers. Il est qu’elle ferme des usines.

Trendeo est formel : l’industrie recule nettement en 2025. La France a fermé 63 usines de plus qu’elle n’en a ouvertes. Un niveau inédit depuis 2013.

Alors que nos plans nationaux font la part belle à des gigafactories au succès hasardeux, ce sont les PME industrielles qui souffrent le plus.

Seules deux régions échappent à cette tendance : l’Occitanie, grâce à l’aéronautique et au spatial, et la région PACA, portée par la reconversion industrielle de Fos-sur-Mer.

Voilà pourquoi, malgré des annonces record, les créations d’emplois restent modestes. Selon Les Échos, il faut 600 000 euros investis pour créer un emploi, contre 100 000 à 200 000 auparavant.

Ces chiffres rappellent deux caractéristiques françaises :

L’avantage compétitif considérable que représentent EDF (qu’on a failli démanteler par excès de libéralisme) et son hashtag#nucléaire (qu’on a failli démanteler par excès d’écologisme). C’est pour cela que nous attirons des investissements gourmands en électricité décarbonée, bon marché, diffusée sur un réseau stable.

Le désavantage compétitif considérable que représente notre coût du travail. Les usines, quand elles ont besoin de beaucoup de main-d’œuvre, s’installent plus volontiers chez nos voisins.

Un coût du travail qui va subir les nouveaux avantages sociaux (retraites…) qui ont été votés par nos parlementaires. Des avantages qui rognent les salaires nets et grèvent la compétitivité des industries, en générant des cotisations sociales.

La hashtag#réindustrialisation n’est donc pas pour demain.

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