Alors, évidemment, certains vont penser que diffuser cet extrait de l’audition de Nicolas Dufourcq à l’Assemblée nationale un 1er mai, c’est faire preuve de mauvais esprit. Surtout au moment où quelques personnalités courageuses rappellent aux boulangers hors-la-loi que faire du pain un jour férié met en danger l’équilibre de notre société.
Non. C’est au contraire dans une démarche d’apaisement que nous diffusons les très curieuses déclarations du patron de Bpifrance. C’était devant la commission d’enquête dirigée par Charles Rodwell et Alexandre Loubet.
« Curieuses déclarations », ai-je écrit. Car, dans sa réponse à la question : « Quels sont les freins à la réindustrialisation de la France », Nicolas Dufourcq semble envisager qu’il puisse y avoir une corrélation entre la quantité de travail fournie par une population et la rapidité de croissance de son économie. Voire même avec la prise de parts de marché mondiale de ses entreprises.
« La masse de volonté de puissance (des pays asiatiques), qui se traduit par un travail acharné »… fait que « nous avons devant nous un défi énorme », dit-il.
« On pensait qu’ils allaient se lasser de travailler 70 h par semaine en prenant 10 jours de vacances par an. Ils ne se sont pas lassés. Et ils ne sont pas prêts du tout à se lasser. Parce que le carburant de tout ça, c’est la victoire, c’est la fierté, c’est le drapeau. »
Vous imaginez bien que pour des gens comme moi, à qui on a dit toute leur vie professionnelle que pour créer des emplois il fallait baisser la durée du travail, c’est un peu troublant…
Je suis preneur de vos avis car je suis perdu maintenant.
Voilà, bonne manif à tous !
Il faut bien prendre en compte l’élément culturel et philosophique.
Ce sont des pays qui ont une vision collective de la société à l’inverse de la notre et où l’individu s’efface devant la famille, la communauté, l’état.
La résilience de la Chine et de Singapour est à trouver dans cet état d’esprit.
En occident le bien être individuel et familiale prime sur le reste, et cela n’est pas sans conséquence sur le plan des entreprises
De plus j’ai suffisamment d’expérience dans différentes entreprises française pour voir que ce n’est pas le nombre d’heures que l’on fait pour travailler qui génère de la valeur, mais l’organisation et l’optimisation des couts de fonctionnement par une efficience des processus. Hors jusqu’à maintenant je n’ai vu que des entreprises qui font à peu près n’importe quoi.
Alors avant de vouloir faire bosser les gens 70h au prétexte que c’est ce qui nous permettrait de concurrencer l’Asie, il faudrait commencer par revoir la manière dont nos structures sont dirigées et organisées.
Et je pense qu’une bonne partie des français font déjà bien plus que 35h quelque soit le secteur, quand ceux ci ont un travail. Et ils ne sont pas forcément rémunéré à juste titre.
Restauration, transport routier, service à la personnes, hôpitaux, agent d’entretien des locaux et j’en passe.
Prenez Toyota, ils ne se sont pas contentés de copier le modèle de production américain, ils ont adapté ce modèle à leur contexte et leur marché, en faisant bien différemment de Ford ou de Général Motor. Pourtant le modèle Américain semblait si parfait.
Il y a bien trop de sujets et de domaines différents pour simplement mesurer la capacité de compétition d’un pays au simple nombre des heures légales de travail. Déclaration sans fondement et sans réflexion, qui ne tient pas compte des réalités.