Mes chers compatriotes !

Vous avez peut-être manqué la session de rentrée des FFI, mais comme on est des gens éthiques, responsables et solidaires aux FFI, nous vous avons rédigé un compte rendu des principaux évènements s’étant déroulés pendant cette fameuse soirée. Alors installez-vous bien au fond de votre siège, détendez-vous et lisez (je vous aurais bien dit de fermer les yeux pour vous relaxer encore un peu plus, mais du coup, vous n’auriez pas pu lire, ce qui n’est pas pratique).

Nous étions donc 40 résistants dans un joli restaurant au 15 rue André del Sarte, à Montmartre, reçus par Tancrede et son équipe en mode « pré-ouverture ». Tancrede s’apprête à lancer son tout nouveau concept : une cuisine Française traditionnelle qui fait la part belle aux produits locaux, aux vins biodynamiques et aux recettes de grand-mères. Cette fois-ci la configuration de la soirée était « diner assis ».

Parce qu’il faut toujours annoncer les informations les plus techniques en début de soirée (biodynamie oblige), Laurent Moisson nous a accueilli en nous donnant quelques nouvelles du club :

  • La mise en ligne du site forcesfrancaisesdelindustrie.com, doté d’un espace membre pour que chacun se connaisse mieux et d’une rubrique « actualités » pour nous suivre plus facilement.
  • Le lancement de la « caravane des FFI » (justement, c’est sur le site forcesfrancaisesdelindustrie.fr/caravane-ffi) qui va poser les étals de jolies marques françaises dans les halls de Grands Groupes qui accepteront de soutenir notre cause, le temps d’un sympathique marché Made In France. Gilles Attaf a pris la responsabilité de sélectionner les marques qui nous accompagneront. Alors autant vous dire que la sélection va être de haut niveau ! Première date de la Caravane : chez Microsoft en Décembre (parce que les Américains ont toujours beaucoup aidé les Français qui résistent).
  • Les FFI en région. Eh oui, l’Industrie, en France, c’est quand même plus souvent une histoire de territoires. Donc, même si nous apprécions les visites de ceux de nos membres qui font l’effort de prendre le train pour assister à nos soirées (merci à eux !), la moindre des choses était d’aller à leur rencontre. Nous travaillons en ce moment à l’organisation de sessions FFI dans de grandes métropoles régionales. Dès début 2020, nous serons à Nantes, Lyon et Bordeaux et cherchons des partenaires pour nous accueillir ailleurs. L’idée est d’animer une soirée tous les deux mois dans un maximum de régions le plus vite possible. Si vous avez des idées, des contacts, nous sommes preneurs.

Après cette mise à jour, Gilles Attaf a pu présenter nos invités d’honneur. Il n’a pas eu la tâche trop difficile puisque tout le monde les connaissait : Thomas Huriez, fondateur des Jeans 1083, et Arnaud Montebourg, créateur notamment de Bleu Blanc Ruche (il est possible que son nom vous dise quelque chose d’autre).

Thomas nous a raconté son histoire. Une épopée. Un départ sans trop de moyen, mais avec une vision, une cohérence de discours et d’action, une éthique, une énergie calme et sure qu’on retrouve dans son attitude de tous les jours. Franchement, l’écouter était un régal. De la petite boutique à l’achat d’usine, du crowd funding à la levée de fonds, de la timidité à l’assurance de celui qui n’hésite pas à imposer un rééquilibrage du rapport de force entre entrepreneurs et investisseurs… c’était passionnant. Tous avons pu constater qu’on pouvait être ambitieux (parce que Thomas voit grand) sans perdre ses idéaux. L’internationalisation ? Thomas l’envisage, mais sans export. Parce qu’il n’y a aucune raison que ce qui fait qu’un Français préfère un produit Made In France ne fasse pas qu’un Canadien préfère un produit made in Canada ; parce qu’on ne peut pas prôner la responsabilité sociétale et climatique d’une entreprise en envoyant des containers à l’autre bout du monde, 1083 installera ses unités de production au plus près de ses acheteurs. En circuit court, en quelque sorte. Alors, évidemment, nous qui prônons le « fabriquer en France », on a du faire un effort pour comprendre, mais en buvant un coup et en prêtant l’oreille, on s’est laissés convaincre. Il est fort, ce Thomas.

Et, alors que l’équipe de Tancrede annonçait le dessert, l’homme du miel s’est élancé. En conteur de veillé, Arnaud Montebourg a pris la parole. 18 minutes montre en main, sans dépasser d’une seule seconde le temps imparti, Arnaud nous a présenté son changement de vie. Il aurait pu pantoufler dans de grands groupes à de généreuses rémunérations, mais il a préféré s’engager dans un combat difficile, presque romantique : celui des apiculteurs qui s’entêtent à élever un produit de qualité, sur des terroirs de proximité. Comme Ministre, il avait vu à quel point cette profession souffrait, coincée entre des linéaires qui vendent du sirop en le faisant passer pour du miel et les pesticides qui déciment leurs colonies. Il a su mettre son talent de communicant et sa surface médiatique au service d’une entreprise qu’il a co-fondée et qui connait une croissance étonnante. Tous ceux qui pensaient que les Ministres de l’Economie Française ne juraient que par les déficits, les taxes et les subventions en ont été pour leur frais : nous étions en présence d’un entrepreneur, un vrai, un chef d’entreprise… qui n’a pas hésité à nous faire goûter son miel et à nous vendre ses bienfaits. Aucun des chefs d’entreprise présent ce soir-là n’avait jamais vu un tel commercial en action. Probablement parce que deux comme lui, ça n’existe pas. Respect…

La soirée ayant été pleine de rires, d’échanges, de belles histoires et d’envolées lyriques, nous avons pris congé de Tancrede et son équipe et sommes rentrés en nous disant que la Résistance de l’Industrie Française, dans ces conditions, ce n’était pas si désagréable que ça…

A bientôt pour de nouvelles aventures FFI !

Emmanuel, Gilles et Laurent