À Merville, STAUB se décarbone et investit 42 millions

Dans une époque dominée par le jetable et l’immédiateté, il est bon de retrouver la sérénité du temps long, du geste élégant et de la durabilité. Surtout en cuisine.

Les cocottes en fonte STAUB incarnent tout cela. Nées en 1974 dans un atelier de Turckheim (Haut-Rhin), elles ont conquis les cuisines du monde grâce à un savoir-faire reconnu.

Leur design sobre, leurs teintes profondes cachent une conception technique élaborée.

Les picots de leur couvercle récupèrent en effet la condensation et la redistribuent en continu sur les aliments. Ils assurent ainsi une cuisson homogène et une restitution optimale des saveurs.

L’émail noir mat, quant à lui, résiste aux hautes températures et favorise la caramélisation. Cela fait leur succès auprès des chefs professionnels et des cuisines gastronomiques.

Depuis l’achat d’une usine à Merville par Francis Staub, la marque poursuit cette logique d’excellence dans le Nord. Rachetée en 2008 par l’Allemand ZWILLING Gruppe, elle décarbone aujourd’hui le cœur de son outil de production en remplaçant ses fours à gaz par des fours électriques. Elle lance, par ailleurs, des travaux pour une nouvelle usine.

Cet investissement souligne l’engagement à long terme de l’entreprise sur le territoire. Ceci est rassurant pour les centaines d’ouvriers du site, dont près de 90 % de la production est destinée à l’export.

Avec ce projet de décarbonation ambitieux, Staub démontre qu’industrie, tradition, excellence culinaire et transition écologique peuvent avancer de concert.

Bravo à Staub et Zwilling, donc !

Certains d’entre vous pensent peut-être que cette belle histoire industrielle aurait pu l’être encore plus. Si cette belle marque était restée aux mains de la famille de son fondateur, par exemple, plutôt que d’être vendue à un groupe étranger.

Je ne connais pas les raisons de la vente de Staub à Zwilling. Peut-être n’y avait-il pas d’héritier volontaire pour reprendre.

Ce que je sais, c’est que la France n’accorde pas beaucoup d’importance aux transmissions intrafamiliales de ses PME. Elles sont plus rares chez nous qu’ailleurs.

Parce qu’on aime taxer lourdement les héritages, les fondateurs et leurs héritiers vendent plus souvent qu’ils ne transmettent ou ne conservent.

Le pacte Dutreil avait permis de passer de 9 % de transmissions à 20 % de transmissions intrafamiliales (contre 67 % en Allemagne et 80 % en Italie, deux pays qui ne taxent pas la transmission d’entreprise). Mais le budget que le gouvernement s’apprête à faire passer alourdit la fiscalité dans ce domaine.

Alors, jusqu’à ce que notre égalitarisme fiscal cesse de pousser les familles à vendre pour payer les droits de succession… Autant qu’elles le fassent à des groupes responsables comme Zwilling. Plutôt qu’à d’autres, qui ferment les usines et partent avec la marque et la technologie.

La jalousie sociale est un vilain défaut qui nous appauvrit.

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